PROMOTION DE L'EMPLOI
Les chantiers du gouvernement burkinabè
La capitale du Burkina
Faso, Ouagadougou, abrite, en septembre prochain, le Sommet extraordinaire des
chefs d'Etat et de gouvernements africains sur l'emploi et la pauvreté. L'événement
qui se profile donne l'occasion d'évoquer les actions du pays hôte en matière
d'emploi.
La
fin de l'Etat-providence, les difficultés de tous ordres ont forgé le nid du
chômage dans les pays africains. Les Etats ne sont plus en mesure de donner du
travail à tous ceux qui sortent chaque année des universités, des écoles et
autres centres de formation. Le secteur privé non plus. Les diplômés et, de
façon générale, la jeunesse est désœuvrée. Toutefois, certains pays ont
institué des politiques pour aider cette catégorie oisive malgré elle. Qu'en
est-il des actions en matière d'emploi au Burkina qui s'apprête à accueillir
un sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernements africains sur
l'emploi et la pauvreté?
A
défaut de donner du travail à tout le monde, l'Etat burkinabè oeuvre à
soutenir les demandeurs, les promoteurs d'emploi. Les missions confiées au
ministère du Travail, de l'Emploi et de la Jeunesse (MTEJ) en disent long sur
cette option. Ainsi, en matière de
travail et d'emploi, il revient notamment à ce ministère de promouvoir
l'emploi et de lutter contre le chômage, d'assurer la formation professionnelle
continue et l'apprentissage. C'est au département dirigé par Alain Ludovic Tou
qu'échoit également l'organisation, la promotion et le suivi du secteur
informel. Les travailleurs déflatés ne sont pas en reste. Leur réinsertion
est partie intégrante des missions du MTEJ.
Pour
bien exécuter ces missions, le ministère a élaboré un document cadre de
stratégie de la promotion de l'emploi et de la formation professionnelle. Il
contient les orientations fondamentales dans les domaines de l'emploi et de la
formation professionnelle ainsi qu'une multitude d'objectifs à atteindre.
Les objectifs de la stratégie
L'élaboration
et surtout la mise en oeuvre de la stratégie visent à permettre, en matière
d'emploi, d'instaurer une visibilité sur le marché de l'emploi et du travail;
de créer un environnement institutionnel et juridique propice à l'emploi
productif. L'accroissement de l'offre de produits financiers accessibles aux
promoteurs et aux petites et moyennes entreprises (PME), la mise en oeuvre de
programmes de création directe d'emplois au profit de groupes sociaux spécifiques
sont également au nombre des objectifs visés.
Le
marché de l'emploi est de plus en plus exigeant sur la qualité de la main d’œuvre.
Pour ce faire, une formation conséquente doit être assurée à tout moment.
Comme l'emploi, la formation professionnelle est inscrite sur la feuille de
route du ministère à travers un certain nombre d'objectifs visés. Il s'agit
de la normalisation du dispositif national de formation professionnelle et des
curricula de formation, de l'accès du plus grand nombre de Burkinabè à la
formation professionnelle. Un autre objectif visé en matière de formation
professionnelle est la mise en place d'un dispositif de financement efficace et
durable de la formation.
Pour
matérialiser la stratégie, un plan d'action comportant trois principaux axes a
été élaboré. Le premier axe est relatif aux mesures en faveur de la création
et de la consolidation de l'emploi, le deuxième à celles en faveur de la
promotion de la formation professionnelle. Le dernier axe porte sur les mesures
de renforcement des capacités institutionnelles des services administratifs,
des ONG et associations de développement concernés par la mise en oeuvre du
plan.
Le plan d'action est l'objet de retouches, de remaniement de son contenu. Ainsi, sa révision figure parmi les actions prioritaires du ministère pour l'année 2004. Celles-ci incluent également l'élaboration d'un plan de développement de l'emploi, de la formation professionnelle, de la protection sociale et de la promotion de la jeunesse. Sans oublier l'opérationnalisation du Projet de lutte contre la pauvreté et la promotion de l'emploi par les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC).
Le
sous emploi et le chômage affectent une forte proportion des femmes au Burkina
malgré leur forte présence dans le domaine économique. Les disparités entre
hommes et femmes dans l’emploi salarié sont criantes. En plus de la lutte
qu’elles ont entreprise depuis des décennies, les discours des officiels
promettent de réduire ce fossé. Mais les chances restent minces.
« Les
femmes feront mieux de rester auprès de leurs maris, elles n’ont pas besoin
de travailler. Les hommes en tant que responsables du ménage ont la priorité
en matière d’emploi… » C’est ce que pense Amidou Zoungrana que
nous avons rencontré bousculant des femmes pour déposer sa demande d’emploi
à l’Office National pour la Promotion de l’Emploi (ONPE). Cette opinion de
Amidou bien de gens au Burkina la partage. Et « les politiques de développement
et de formation semblent jusque là s’être appuyé sur ces idées parce que généralement
conçues par des hommes ». Wendkouni Kientéga, titulaire d’une
licence depuis 4 ans, et n’ayant pas un emploi régulier, convaincue de ce
qu’elle dit, ajoute : « les femmes subissent toutes les
discriminations et singulièrement au niveau de l’emploi »
Avec plus de dix millions d’habitants, le BF comptait près
de cinq millions de population active, selon les statistiques de l’INSD en
2000. Au niveau de la Fonction Publique, on dénombrait 14 162 fonctionnaires.
D’une manière générale, sur cinq salariés, les femmes occupent seulement
une place. Au regard de ces chiffres le retard accusé par les femmes dans
l’emploi salarié au BF est indiscutable. Une faible représentation qui a
suscité des interrogations au niveau des différentes associations luttant pour
la promotion de l’emploi féminin.
Les
facteurs inhibiteurs
Avec
une population agricole à 80%, l’emploi salarié pour les femmes est très récent
au Burkina Faso. L’argument est corroboré par le rapport publié par
l’Office National pour la Promotion de l’Emploi (ONPE) sur l’emploi féminin
qui révèle qu’en 1975 les femmes salariées des secteurs publics et privés
représentaient seulement 1674 personnes. Six ans après en 1981, elles étaient
estimées à 3665. les quinze années qui ont suivi auront peut-être marqué le
pas significatif mais le fossé reste béant. Beaucoup de facteurs dont le
faible taux de scolarisation des femmes, l’analphabétisme, les préjugés et
autres entraves sociales, culturelles, géographique, les mariages et les
grossesses précoces expliquent
cette situation. Les difficultés qu’éprouvent les femmes à accéder aux
emplois du secteur structuré ont été aussi attribuées à l’inaccessibilité
des nouvelles technologies pour les femmes, à la réticence des employeurs à
recruter des femmes en raison de leur rôle potentiel de mère.
Y
a t-il une discrimination à l’égard des femmes dans le domaine de l’emploi ?
« Nous sommes signataire de la convention sur la discrimination en matière
d’emploi et de profession et en tant que structure publique, nous combattons
les offres qui demandent seulement des candidatures masculines ou féminines.
Les chances sont égales pour tout le monde » affirme le chargé du
placement de l’ONPE M. Hato Ouédraogo.
Aucun
des employeurs que nous avons
approchés ne se dit discriminateur même s’ils reconnaissent « qu’il
y a des tâches que les femmes ne peuvent pas accomplir ; des missions
qu’on ne peut pas leur confier ». La faible représentation des
femmes dans le secteur de l’emploi n’est donc point le fait d’une
discrimination. Il faut plutôt appuyer l’accélérateur quant à la
scolarisation des filles.
Tous
s’accordent, en tous les cas, sur la faible représentation des femmes dans
l’emploi salarié et, la nécessité faisant loi, les énergies se mobilisent
autour du problème, même quand on le dit très « complexe ». Les
femmes elles-mêmes tentent de prendre le taureau par les cornes. L’atout
majeur est qu’elles bénéficient du soutien des organisations internationales
et des autorités gouvernementales. Il y a également qu’elles ont réellement
pris conscience du rôle qu’elles ont à jouer et qu’elles tiennent à
jouer. Elles sont très présentent dans les secteurs informels et agricoles où
elles représentent 58,1% des effectifs qui y travaillent.
Les activités exercées par les femmes ne nécessitent pas très souvent de gros capitaux de départ. Mais une meilleure formation des femmes dans ce secteur permettrait d’élever leur technicité et leur qualification.
LUTTE
CONTRE LA PAUVRETE AU BURKINA FASO
LE
SURSAUT D’ORGUEIL DES FEMMES
Mère éducatrice, agricultrice, éleveur et même souvent dépositaire de la chose culturelle, la femme est productrice à tous les égards. Jadis reléguée au second plan, la participation de la femme dans la lutte contre la pauvreté est aujourd’hui incontestable.
Le rapport sur le développement humain durable du PNUD révèle que 46% des burkinabè vivent en dessous du seuil de la pauvreté et que les ménages féminins sont ceux qui en souffrent le plus. Cela sans compter avec les dures réalités d’intégration de la femme dans le processus de développement et d’épanouissement que sont l’école, la Fonction Publique, bref, le marché du travail. Fort heureusement, les femmes ont pris conscience de leur place dans la lutte contre la pauvreté. De plus en plus, elles s’informent, s’organisent pour promouvoir leur émancipation et améliorer leur contribution à la production nationale. « Les femmes burkinabè sont très actives » entend t-on dire très souvent. Une réalité qui se vérifie à travers la restauration, les ventes des produits de maraîchages, de fruits… Les activités de transformation sont également très répandues (pâte d’arachides, beurre de karité, boisson de toutes sortes, savons…). Le système productif national a fait la preuve qu’il ne saurait ignorer l’importance des femmes.
Les femmes au début et à la fin de la lutte contre la pauvreté
L’expérience
de la Fédération des associations et groupement des femmes de Bérégadougou
« Djen Kadi » est édifiante. Créée en 2000 « Djen Kadi »
ou « l’union est d’intérêt » compte près de six cent
groupements et associations adhérents.
Porte-parole
légitime des préoccupations des femmes de Bérégadougou, « Djen Kadi »
s’est doté depuis 2001 d’une presse à karité et d’un moulin mixte pour
le broyage des amandes de karité et des graines de céréales.
Son beurre se vend très bien sur le marché national et les recettes
contribuent à n’en pas douter à améliorer les conditions de vie des femmes
de la Fédération. Outre l’exploitation de la presse à karité et du moulin
mixte, la Fédération des groupements et associations de Bérégadougou mène
d’autres activités à savoir la culture et la vente de fonio et de sésame,
la confection de paniers, de pots de fleurs, la production et la vente de
soumbala, de fruits et légumes etc. Pour ces activités, les femmes bénéficient
de petits crédits auprès d’établissements financiers. En projet, « Djen
Kadi » a la création d’une unité de savonnerie, d’une unité de
transformation de jus de fruits, l’installation de séchoirs, la création
d’un centre de formation pour orphelins.
Le
groupement d’action des femmes pour la relance économique du Houet (GAFREH)
s’investit également dans l’amélioration des conditions socioéconomiques
de ses membres. Le collectif de ces associations qui compte plus de cinq milles
adhérents vise le renforcement des capacités des associations et groupements féminins.
Il s’agit de promouvoir les petites activités génératrices de revenus et de
favoriser l’insertion des femmes dans les services publics et privés. Par
ailleurs, GAFREH appuie les associations dans le montage de projets et la
recherche de financement ainsi qu’à l’accès au crédit. Depuis sa création
en 1993, le groupement a initié et réalisé plusieurs activités notamment
l’appui au crédit pour les initiatives économiques. Les femmes ont bénéficié
des micro-crédits de la BACB, de CREDO et du FAARF. Elles ont également bénéficié
de formation sur les techniques de fabrication de savon et du beurre de karité,
sur le code des personnes et de la famille et sur les droits des femmes. GAFREH
a aussi créé un centre de recyclage des sachets plastiques usagés. 42 femmes
formées à cet effet, y travaillent et sont rémunérées. Il y a trois
destinations pour les sachets usagés : le tricotage, le tissage et la
fonte. De ce fait, le centre met à la disposition des populations des pagnes,
couvertures, parasols, sacs, chapeaux, nattes, tapis, etc.
D’une manière générale, l'Etat a mis également en place des structures de financement au profit de groupes spécifiques tels que les femmes et les groupements féminins (Fonds d'Appui aux Activités Rémunératrices des Femmes), Le montant total des crédits distribués par le Fonds est estimé en septembre 1996 à un peu plus d'un milliard de francs CFA, correspondant à 4 077 prêts individuels et 1 650 prêts collectifs aux groupements féminins
JEUNES
ET ENTREPRENARIAT
Le taux de scolarisation au Burkina Faso, malgré les efforts du gouvernement reste relativement faible (56%). L’éloignement des structures scolaires, le manque de moyens des parents pour assurer la scolarité de leurs enfants constituent entre autres des handicaps aux études des jeunes. Dans un tel contexte beaucoup de jeunes après leur réussite au BEPC ou au baccalauréat décident de prendre leur destin en main
Nombreux
sont les jeunes qui ont décidé d’entreprendre des affaires dans plusieurs
secteurs d’activités pour gagner leur vie. Mais tous s’accordent à dire
qu’entreprendre au Burkina Faso relève d’un parcours de combattant. Si pour
certains les affaires sont florissantes, pour d’autres le bout du tunnel est
encore lointain. Mais loin de lâcher prise, ils se battent pour assurer la
prospérité de leur business. Ismaël Ouédraogo a 35 ans, jeune entrepreneur,
il officie dans le commerce général, le bâtiment et le froid. « Dans
ce milieu, il faut avoir des relations solides pour avoir des marchés »
a t-il confié. En plus, M. Ouédraogo reconnaît que certains marchés restent
la chasse gardée de certaines grandes entreprises qui n’entendent pas les
partager avec les autres.
Les
jeunes qui se lancent dans les affaires arrivent le plus souvent sans de gros
capitaux. Mais une fois le marché acquis, ils font le sacrifice pour gagner la
confiance de leurs clients et garantir les prochains marchés. Cela sans ignorer
les difficultés d’exécution vue que le fond de démarrage ne dépasse pas 10
à 20%. « Cette somme est insignifiante » nous précise Arouna
Sawadogo, jeune entrepreneur en travaux publics et bâtiment. Pour pouvoir
accomplir au mieux leurs tâches, les jeunes businessmen se tournent vers les
structures bancaires qui ne sont pas toujours prompt.
La
main salvatrice de l’Etat
« Heureusement que depuis un certain temps le gouvernement a mis en place des structures d’appui aux jeunes entrepreneurs » soutient Ismaël Ouédraogo. En effet, la Financière du Burkina (FIB), Burkina Bail, PRODIA, le Fond d’Appui à la Promotion de l’Entreprise (FAPE)… sont entre autres structures financières par lesquelles les jeunes peuvent passer pour obtenir un appui à leurs initiatives par un système de prêt. Les sociétés dont le chiffre d’affaire est inférieur à quinze (15) millions sont régies par Kadiogo III et un impôt de 200 000 FCFA est versé par année. Au-delà de 15 millions, la société devra payer 500 000 FCFA par an. En plus de cela, les entreprises devront payer la patente qui est calculée sur la base du chiffre d’affaire et la TVA qui est de 18%. Ce qui ne facilite pas la tâche aux jeunes entrepreneurs qui se disent tout de même fiers de pouvoir affronter la pauvreté avec leurs frères c’est-à-dire leurs employés.
Les
micro-crédits, qui permettent aux pauvres d’accéder aux capitaux, sont
devenus un facteur important de l’aide au développement fournie par les ONG
et, plus récemment, par les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux.
Ces derniers cherchent de plus en plus à associer le secteur privé à cette
entreprise, en expansion.
Au
Burkina Faso, comme partout ailleurs en Afrique de l'Ouest, on assiste
actuellement à une explosion des initiatives d'économie sociale (associations,
coopératives, mutuelles, organisations professionnelles, etc.). L'un des
principaux motifs à l'origine de ce phénomène est l'appauvrissement accru des
populations et la chute de l'offre des services sociaux de base (éducation,
santé, logement, sécurité sociale, ...), conséquence de la réduction
drastique des dépenses publiques. De plus, la restructuration du secteur public
a entraîné des licenciements massifs et l'arrêt des recrutements à la
fonction publique, renforçant ainsi le processus d'appauvrissement et
d'exclusion économique et sociale. Devant cette situation, les populations
n'ont d'autre alternative que de compter sur leur propre initiative et leurs
propres ressources, de développer de nouvelles formes d'entraide, de solidarité
et de protection sociale.
L'une
des principales caractéristiques des nouvelles initiatives d'économie sociale
est leur diversité. En effet, elles voient le jour aussi bien en milieu rural
que dans les zones urbaines et périurbaines. Elles touchent en outre des
secteurs aussi divers que l'agriculture (groupements villageois, coopératives
paysannes, organisations professionnelles agricoles, etc.), l'artisanat
(groupements d'artisans, associations artisanales féminines, etc.), la finance
(associations communautaires d'épargne et de crédit, mutuelles d'épargne et
de crédit, tontines, etc.), la protection sociale (mutuelles de santé,
mutuelles de travailleurs, cases de santé primaire, etc.).
Une
autre caractéristique de ce vaste mouvement de participation populaire, c'est
qu'il s'appuie sur des réseaux d'assurance et de solidarité traditionnelle,
relativement efficaces. Il constitue en somme des réponses apportées par les
populations pour conduire les stratégies adaptées à leur environnement économique
et social marqué par une multitude de contraintes, dont la plus importante est
le manque de ressources financières.
Les
projets de développement
De
nombreux projets d'aide extérieure ont mis en place des systèmes de
financement autonomes. C'est le cas notamment des projets de développement
rural intégré, de gestion des terroirs villageois, de sécurité alimentaire
et de nutrition. Ces projets, qui comportent chacun un volet micro-crédit,
contribuent à la diffusion du crédit décentralisé et au financement des
besoins des communautés de base. Ils interviennent à la fois de façon complémentaire
en subventions ou en finançant des besoins non ou mal pris en compte par les
systèmes financiers décentralisés (notamment le crédit d'équipement). Si
ces projets contribuent dans une certaine mesure à créer des activités génératrices
de revenus, force est de reconnaître que les résultats sont, pour la plupart,
décevants (taux de pénétration des populations faibles, taux d'impayés très
élevés, forte dépendance vis-à-vis de l'extérieur, etc.).
Nombre d’ONG interviennent également activement dans le financement des besoins individuels et collectifs des populations défavorisées mais aussi dans la prise en charge des besoins des structures associatives ou coopératives et des institutions locales. De façon plus précise, les secteurs qui reçoivent l'intervention du plus grand nombre d'ONG sont l'agriculture et l'élevage, la santé et l'action sociale, l'éducation et la formation, l'hydraulique, l'artisanat et l'environnement. A titre d’exemple, la période 1991-1995, le montant des prévisions de réalisations, des financements acquis et des réalisations effectives sont respectivement de 98.3 milliards, 79.5 milliards et 70.8 milliards de francs CFA. Les taux de drainage, d'absorption et de réalisation sont respectivement de 80.9%, 89% et 72%. La répartition des réalisations financières par secteur d'activité montre que les secteurs sociaux telles que l'éducation, la formation, la santé, l'action sociale, l'hydraulique villageoise et le petit crédit absorbent près de 60 milliards de francs CFA (soit 85% du total des réalisations).
La
promotion de l’emploi : un impératif pour les chefs d’Etats
A
l’initiative du Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise
COMPAORE, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine,
lors de la 37e session ordinaire de l’O.U.A. tenue à Lusaka (
Zambie ) en juillet 2001,
ont décidé de convoquer un « Sommet Extraordinaire sur
l’emploi et la lutte contre la pauvreté en Afrique ».
En
effet, pour les Chefs d’Etat et de Gouvernement, le progrès social et économique
des populations africaines dans un environnement de paix et de stabilité
continue d’être leur ambition suprême.
Cependant, que constater de nos jours ? La délinquance, le
banditisme, la consommation de la drogue et autres dérivés, la pandémie du
VIH / SIDA, le désœuvrement sont de graves maux auxquels les populations
africaines sont constamment confrontées.
C’est
pour trouver une solution à tous ces problèmes majeurs qui en fait trouvent
leur source dans l’indigence quotidienne des masses,
que se tiendra
à Ouagadougou les 8 et 9 septembre 2004 le « Sommet Extraordinaire
des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine sur l’Emploi et
la lutte contre la pauvreté en Afrique ».
La
convocation de ce Sommet Extraordinaire est une façon pour les Chefs d’Etat
et de Gouvernement de reconnaître qu’en l’absence de création d’emplois,
les efforts visant à combattre la pauvreté en Afrique resteront sans effet.
Elle est aussi pour eux, une autre façon de s’engager à favoriser la réalisation
de l’objectif de plein emploi en en faisant l’une des priorités de base de
leurs politiques économiques et sociales ; car comme le signifie ces
propos de Monsieur Alain Ludovic Tou, Ministre du Travail, de l’Emploi
et de la Jeunesse du Burkina Faso, Président du Comité National d’Organisation
du Sommet Extraordinaire, « Plus qu’un garde-fou, le travail
est en Afrique un pilier de la cohésion sociale : il permet de ne pas se
sentir exclu des enjeux sociaux, de prendre part au débat, de s’affirmer en
tant que citoyen, de refuser la violence comme mode d’expression et de
contestation. »
Outre
les 53 Chefs d’Etat et de Gouvernement attendus, le Sommet Extraordinaire de
Ouagadougou enregistrera également la participation de représentants des
communautés économiques régionales et même d’Organisations
Internationales.
La
rencontre de Ouagadougou a pour ambition de traiter des thèmes spécifiques
tels : le diagnostic du marché de l’emploi en Afrique, la recherche de
remèdes au chômage, la recherche de solutions et de réponses spécifiques des
pays africains eux-mêmes aux problèmes de sous emplois et enfin
l’identification des sources de financements et des partenariats. Pour réussir
l’organisation de ce Sommet Extraordinaire, et surtout atteindre les objectifs
escomptés l’Union Africaine a sollicité l’expertise du Bureau
International du Travail ( B.I.T. ).
Le
Sommet Extraordinaire des 8 et 9 septembre 2004
sera précédé par :
-
un forum des partenaires sociaux ( 3 et 4 septembre ), comprenant les
employeurs et les travailleurs. Leurs réflexions, préoccupations et
conclusions seront communiquées aux Chefs d’Etat et de Gouvernement pour les
inspirer utilement dans leurs décisions ;
-
une session ministérielle ( 5 et 6 septembre ) qui regroupera les
Ministres des Affaires Etrangères, les Ministres chargés du Travail et de
l’emploi et les Ministres des Finances et de l’Economie.
-
une session ministérielle ( 5 et 6 septembre ) qui regroupera les
Ministres des Affaires Etrangères, les Ministres chargés du Travail et de
l’emploi et les Ministres des Finances et de l’Economie.
Dans
la majorité des pays africains, la pauvreté semble être la chose la mieux partagée.
Malnutrition, analphabétisme, guerres, maladies, famines…tous ces fléaux
forment les maillons d’une chaîne : la pauvreté, lot quotidien
des populations.
Les espoirs nourris par les pays africains depuis les indépendances à travers les progrès enregistrés en matière de développement économique se sont estompés à cause des effets pervers des plans d’ajustement structurels prescrits par les institutions financières internationales. En 2002, la croissance économique moyenne qui était de 3,2% en 2002 (selon la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique) est passée à 4,2% en 2003. Des taux légèrement supérieurs aux taux de la croissance démographique.
un
cercle vicieux
Aujourd’hui,
des 50 pays les plus pauvres du monde identifiés par le PNUD (selon l’Indicateur
du Développement Humain), 33 sont situés en Afrique Subsaharienne. Des trois
milliards de personnes vivant avec moins de 2 dollars par jour, près de cinq
cent millions sont en Afrique.
Dans
ces conditions, l’horizon 2015 ne semble-t-il pas assez bref pour la réalisation
de l’objectif de la déclaration du Millénaire des Nations Unies qui est de réduire
de moitié la pauvreté en Afrique.
Le diagnostic des spécialistes a permit de déterminer les indicateurs de la pauvreté dans les pays. Les symptômes, connus de plusieurs pays africains sont entre autres:
·
La prédominance su secteur agricole. La majeur partie de la
population (70%) travaille dans le secteur agricole et cohabite avec un secteur
urbain informel en rapide expansion. Ces deux secteurs d’activités sont
caractérisés par une faible productivité
et par le sous-emploi. Les travailleurs agricoles et informels exercent
des activités économiques précaires, souvent dangereuses pour leur santé.
·
Dans les pays enclavés (Afrique occidentale et centrale),
seulement 6% de la population active occupent un emploi salarié. En Afrique
australe, ce taux est de 25%. Ce qui signifie que entre 75 et 94% de la
population active est au chômage ou travail pour un salaire de misère.
·
Plus de la moitié de la population active occupe les emplois
les moins bien rémunérés, les moins qualifiés et les plus précaires.
·
La population active, les familles sont décimées par les
maladies telles que le SIDA..
·
Moins de 10% des populations (en Afrique sub-saharienne) bénéficient
d’une sécurité sociale ; et mêmes les conditions pour ceux qui en bénéficient
sont très rudimentaires.
Les
réalités ci-dessus citées, terreau de la pauvreté, sont les forteresses
auxquelles sont confrontés les dirigeants africains et leurs peuples.
Pour
une Forteresse, c’en est une ; étant donné que les multiples efforts
consentis jusque là semblent être dérisoires face à la montée
quotidienne de la pauvreté. Tels les empreintes des pieds sur le sable
du désert qui disparaissent après le passage du vent, on cherche souvent
vainement les fruits des combats contre la pauvreté dans le quotidien de
millions d’Africains qui vivent avec moins de (1) dollars US (soit moins de
600 FCFA) par jour. Ainsi permanament, tout semble être une priorité dans
cette partie du globe. Devrait-on donc perdre tout espoir ? Nullement ;
car comme l’a écrit le Président du Faso dans son ouvrage intitulé "LES
VOIES DE L’ESPERANCE"
« L'Afrique avait su,
en d'autres temps, au prix d'une volonté ardente et confiante en l'union de ses
fils, faire surgir l'espoir face aux périls extrêmes. Notre conviction est
qu'elle doit de nouveau créer l'opportunité, dictée par la nécessité de sa
survie, de réussir une oeuvre majeure de solidarité par l'intégration ».
Le
phénomène de la pauvreté n’est donc pas une fatalité. Aucune nation du
monde n’a certainement émergée de façon surnaturelle ; toutes ont dû
se construire progressivement. C’est cette réalité que traduit les propos de
Monsieur Juan Somavia, Directeur Général du Bureau International du Travail
(BIT) « le travail est le meilleur moyens de s’affranchir de la
pauvreté. L’élimination de la pauvreté
est un processus long et complexe qui réclame la participation concertée
de toutes les composantes de la
société. Nous devons faire appel au pouvoir unique des gouvernements, des
employeurs et des travailleurs pour agir de
manière concertée et apporter le progrès et l’espoir à nos sociétés ».
Pour le cas africain le chemin de sortie semble être labyrinthique, mais pas impraticable. Les multiples efforts menés par les dirigeants et les peuples, soutenus par les partenaires au développement devront bien aboutir un jour à un mieux être de tous les Africains. Et c’est certainement dans cet objectif que sur proposition du Président du Faso Monsieur Blaise Comparé, les autres chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé de se rencontrer pour parler de l’emploi et de la lutte contre la pauvreté. Qui sait si ce n’est l’ultime et la bonne voie pour sortir le continent de sa misère.
En effet, plusieurs des maux particulièrement la toxicomanie, la délinquance, et même les guerres… que connaît la jeunesse africaine (plus frappée par le chômage) sont Liés au manque d’emploi ou au sous-emploi. Régler le problème de l’emploi, permettre à chacun ou à la grande majorité de la population active de s’assurer un minimum vital, changerait considérablement la face du continent.
La vision du Président Compaoré peut être qualifiée de salutaire car selon les conclusions des experts, inscrire l’emploi au coeur des stratégies de lutte contre la pauvreté est l’une des clés de la lutte contre la pauvreté. Aussi Voltaire a su si bien le traduire quand il a écrit dans Candide que « le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin ». Et c’est exactement de ces maux que la jeunesse africaine a besoin d’être débarrassée aujourd’hui. Vivement que Ouagadougou soit le début d’une ère nouvelle pour le continent : celle de la prospérité.